Test #4 : Chérie Cherry de Joli Lab

Pour ce test, j’ai eu envie d’essayer le concept Joli Lab, jeune entreprise lyonnaise que j’ai découverte grâce à Marion Blush sur sa chaîne YouTube. Le principe est simple : vous choisissez votre modèle et vous commandez (pour une somme dérisoire) le kit couture complet composé du patron pochette, du tissu et de la mercerie dont vous aurez besoin. Le tout, emballuchonné dans un pochon bucolique ultra glam’.

Kit couture de Joli Lab

Sauf que …

La période du confinement ne m’a pas du tout réussie : rupture de stock sur tous les modèles sympa de la boutique et pas de livraison de « jolis kits » avant la Saint Glin-Glin.

Bon tans pis. On renouvellera l’expérience plus tard.

Je télécharge quand même sur la boutique le patron PDF de la chérie blouse Cherry Blossom (parce qu’elle me fait vachement envie et puis j’ai du stock de tissu à écouler).

Et c’est parti pour l’assemblage des pièces : les doigts dans le nez. Les pièces sont raccord sur le papier (assemblez les petits cœurs entre eux, c’est trop mignon).

Blouse Cherry Blossom
Joli Lab

Ensuite, je regarde le tableau des mesures pour savoir quelle taille je vais reporter sur mon patron. Et là, le drame : j’oscille entre la taille 38 pour la poitrine et les hanches et la taille 40 pour la taille (comment c’est possible ?!). Donc là je prends une grande inspiration et je me recentre sur moi-même. Il est temps de réfléchir avec sa tête (très important avant de se lancer). Quelle est la configuration de ce modèle : ajusté, aérien ? Quelle est la mesure maîtresse de ce modèle ? Si je regarde bien la photo du modèle (ci-dessus), on voit bien qu’il s’agit d’une blouse plutôt ample au niveau de la taille. Aussi, il n’y a aucune contrainte sur les hanches. Par contre on remarque que la poitrine est assez serrée et que tout le modèle puise son élégance sur cette courbe. J’en déduis donc que la mesure déterminante à laquelle je dois me référer est bien celle de la poitrine. Inutile donc de tailler dans un 40 ou de faire un raccord entre deux tailles, le 38 fera tout à fait l’affaire, même si quelques mesures seront peut-être reprises en cours de réalisation.

Astuce Couturette : regardez bien le dessin technique du modèle avant de vous lancer. Repérez la position des empiècements, celle des fronces, les types et emplacements des fermetures, ainsi que l’équilibre général du modèle. Si elles existent, prenez également connaissance des photos de présentation sur mannequin afin d’avoir une idée du tombé final et des matières utilisées.

Pour ce test, je choisis l’option B (manches 3/4 élastiquées et volants froncés) plus adaptée à la saison, et plus complexe à la conception que l’option A.

C’est un défi défilé ?

Je coupe dans mon tissu d’essai (cette bonne vieille housse de couette de ma plus tendre jeunesse). Je crante tous les repères au ciseau et je me pose quelques instants pour lire calmement la notice explicative. A première vue, rien de complexe. Il faut simplement jongler entre l’option À et l’option B car certaines explications sont communes aux deux versions. Du coup on tourne et retourne les pages du livret au cours de la réalisation.

Mais enfin, je dois bien avouer qu’au bout de l’étape 3, j’ai cessé de m’y référer.

Bah, pourquoi ?

Au fur et à mesure de mes expériences , j’ai acquis certains automatismes qui me permettent d’anticiper la suite de la réalisation ou d’avoir recours à d’autres types de techniques.

Par exemple, je n’ai pas retrouvé l’explication de l’assemblage du devant-Centre et du dos avec leur doublure respective.

Idem concernant la méthode de retournement de la doublure d’encolure. Je trouve que la technique du crantage de la pointe du V est trop brièvement abordée, alors que cette étape est cruciale pour obtenir une belle pointe.

Enfin, concernant le montage de la bride pour la fermeture dos, l’explication n’est pas très intuitive.

Ceci me conforte dans l’idée que ce patron n’est absolument pas accessible aux débutants (Bon en même temps, Joli Lab dit bien que c’est pour un niveau intermédiaire).

On poursuit avec la technique des fronces sur les volants devant et dos via une couture parallèle. On marque deux lignes au point droit écarté à 5.0 et à tension du fil à zéro. On tire ensuite sur les fils canette (ceux sur l’envers de la couture) et on répartit uniformément les fronces pour obtenir un bel équilibre à l’assemblage sur le devant-Centre et les côtés devant et dos. Pour le coup, le livret explique assez bien l’exercice et c’est un succès assuré.

Pour finir, au niveau des mesures c’est pas trop mal. Pas besoin de rectifications sur le papier.

C’est du beau boulot Mickey !

Une fois la toile finie, on passe au vrai modèle. Je niche dans mon stock les chutes d’une crêpe de coton typée japonais avec des motifs exotiques de chez Buttinette. Seulement je n’ai pas assez de métrage pour réaliser l’option B. Pas de problème. Ce sera une option À dans cette chute et l’option B dans une double gaz étoilée de chez Toto Soldes. Légèreté et fluidité assurée pour les beaux jours.

Option A

Cherry Blossom devant – option A
Joli Lab

Un top-blouse très agréable à porter et qui le sera d’autant plus cet été. Pour la fermeture, j’ai opté pour une bride avec un bouton assorti au tissu (c’est cool d’éviter la boutonnière quand c’est possible). Pour la finition des manches et du bas de la blouse, j’ai d’abord surfilé les bords du tissu avec un point zigzag, puis j’ai effectué un ourlet simple pour les manches et un double rentré pour le bas (couture à 0,5 cm du bord).

Cherry Blossom dos – option A
Joli Lab

Option B

Surpiqûre des fentes dos

En résumé :

  • Niveau de difficulté : 2 points (niveau intermédiaire) ;
  • Temps de réalisation : 2 à 3 heures (si courtière avertie) ;
  • Prix patron seul (hors kit) : 10 € TTC
  • Mercerie : un petit bouton, du tissu sur laize d’1,40m pour une T38
    • Option A : 1,60m
    • Option B : 2 m

On aime

  • Le modèle très léger et ses volants froncés ;
  • Les manches courtes, mais pas trop ;
  • Les fronces sur les basques devant et dos ;
  • Pour l’option B, les manches 3/4 resserrés aux poignets qui apportent le côté frais de la tenue ;
  • Les différents crans marqués sur le patron qui permettent de bien se repérer pour l’assemblage des pièces ;
  • Le croquis de présentation de la page de garde du livret qui est de toute beauté et d’une élégance particulière (on sent le modélisme pro dans l’équipe) ;

On aime moins

  • Les explications. Même si le livret est illustré avec des photos de montage, on préférera toujours plus une vidéo tutoriel, surtout pour expliquer les points techniques ;

Pour se procurer le patron : Joli Lab

Un modèle que je referai avec plaisir et dans d’autres matières pour varier les possibilités de tenue. Et pourquoi pas dans du denim ?

À bientôt pour de nouvelles cousettes sur Mi Couturette

Test #3 : Alina, la robe frivole de Mouna Sew

Je me suis laissée tenter par la robe Alina de Mouna Sew, entreprise indépendante de Clermont-Ferrant.

Pour la petite histoire, Mouna Sew c’est avant tout une chaîne YouTube qui propose des tutos techniques de couture. Puis en 2017, l’affaire se lance et devient un créateur hors pair.

Je parcours les uns après les autres les patrons PDF du site et je jette finalement mon dévolu sur la robe Alina, premier patron de robe de la marque : courte, légère, robe patineuse, finition en biais, un vrai sentiment de printemps pour ce modèle intemporel à décliner le jour pour aller travailler et le soir pour sortir.

Ni une, ni deux, je l’achète.

Une fois le gabarit d’impression sorti, la configuration de mise en page faite et les 25 pages du patron imprimées aux fins de plusieurs minutes d’intense discussion avec mon imprimante (la capricieuse), je me lance enfin dans l’assemblage de la planche.

Et la, c’est la catastrophe !

Mais que s’est-il passé ?

Eh bien j’ai eu un mal fou à faire correspondre les pages entre elles. A tel point que certaines pièces subissent un décalage très important avec leur marquage d’origine. Et c’est sans compter les bisous de Mouna qui ne s’assemblent pas du tout. A ne surtout pas prendre pour des repères.

Ce n’est pas grave on va arranger tout ça.

Comme à mon habitude, je prépare mon rouleau de papier de soie pour reporter les pièces du patron au propre et redessiner celles qui auraient subi un dommage à l’impression. Je prends donc la correspondance des tailles suivant les mesures de poitrine, de taille et de hanche pour savoir quelle ligne décalquer.

Mais là, patatra, deuxième problème : Mouna Sew m’indique que je fais une taille 38 ! D’ordinaire j’oscille entre le 34 et le 36… Bon. Comme quoi c’est très important de se reporter aux tableaux des mesures et non aux standards du commerce. Mon exercice de reproduction des pièces me permettra de m’assurer que les mesures sont bonnes et de faire les ajustements nécessaires sur le patron final.

Comme à chaque fois que j’entraperçois des complications dans le modèle, je procède à une toile de base avant de couper mes pièces dans un beau tissu. Je sors donc un vieux drap d’été qui me servira de cobaye. D’autant qu’à la lecture des explications, je vois que je vais apprendre une nouvelle technique : l’incrustation.

Quésaco ?

« Une incrustation à pour but d’ajouter une décoration sur un vêtement. De créer une forme ou un empiècement supplémentaire sur un vêtement. »

(432hz couture)

Là comme ça, ça me parle pas trop. Heureusement que Mouna Sew complète sa fiche explicative avec une vidéo.

Coudre la robe Alina

Honnêtement, pas de besoin de passer des heures à déchiffrer le feuillet explicatif fourni avec le patron, la vidéo est tellement bien faite que vous coudrez cette robe en deux temps trois mouvements .

Allez c’est parti ! Le ciseau s’emballe et coupe une à une les pièces du patron.

Toile robe Alina
Mouna Sew

Ma toile est finie et je constate que les mesures sont impeccables (hormis bien sûr la longueur de la robe qui sera délestée d’un bon 10cm).

Concernant la technique de l’incrustation, cela n’a rien de compliqué, mais il faut bien prendre son temps et s’appliquer pour obtenir une belle pointe. Aussi, bien dégarnir les surplus de couture.

Petite astuce : les zips dans le dos en effet c’est très joli (et très sexy aussi), sauf que pour enfiler la robe toute seule ce n’est vraiment pas pratique du tout. Du coup j’ai placé le zip sous l’aisselle gauche. Ainsi, un zip de 30cm au lieu de 43cm est tout à fait suffisant.

Pour le biais, je l’ai fabriqué moi-même avec les chutes de tissu. Couper un carré de 20cm dans le droit fil et tailler des diagonales espacées de 4 à 6 cm dans un angle de 45 degré à la ligne horizontale supérieure du carré. Coudre les pièces entre elles pour obtenir une belle bande. Enfin, marquer les pliages au fer à repasser pour obtenir un beau biais bien régulier.

Pour la version finale, je choisis une viscose de chez Toto Soldes. Aussi, je prends le parti de finir l’encolure par une parmenture au lieu du biais, car il semble que le tissu est fin et que le biais risque de ne pas maintenir suffisamment l’encolure.

Pour ce faire, je coupe les pièces du parement, dessinées au préalable, et les thermocollent. Puis j’assemble la parmenture de manière classique.

Et Tadam !

Fluide, légère, aérienne, parfaite pour la saison avec une veste en jean et des bottines, idéale également pour cet été avec des sandales compensées.

À recoudre avec de la viscose, de la popeline de coton, du crêpe, du lin, mais aussi du denim léger ou du jacquard (et pourquoi pas ?).

J’ai adoré coudre cette robe. J’en referai, c’est assuré !

En résumé :

  • Niveau 2 bisous (intermédiaire) ;
  • Temps de réalisation : 2 à 3h ;
  • Prix : 10,20 € TTC (paiement paypal possible) – vidéo tutoriel gratuite sur YouTube ;
  • Mercerie : tissu (popeline de coton, viscose, lin, etc.) longueur 2m (pour une T38) sur une laize de 1,50 m, un zip invisible de 43 cm, du fil assorti au tissu, une machine à coudre (la surjeteuse pour le surfilage des pièces, sinon un point zig-zag étroit fera amplement l’affaire), un biais de 27 cm.

On aime

  • La vidéo tutoriel qui permet de lever tous les doutes quand aux techniques d’assemblage du modèle ;
  • La frivolité de ce modèle intemporel à décliner en toute saison ;
  • La version b avec son empiècement contraste dans le dos de la robe ;
  • La finition au biais qui change de la parmenture classique (mais la version avec parmenture est également proposée -voir vidéo tuto pour dessiner la parmenture) ;
  • Les fausses manches qui conviendront très bien aux débutant(e)s ;

On aime un peu moins

  • Le patron PDF : problème de décalage des traits et besoin de retracer les pièces (j’ai pourtant imprimé la page d’essai en configuration « taille réelle » ce qui m’a bien donné un carré de 2cm de côté …)
  • La fiche explicative, qui à elle seule ne suffirait pas pour procéder à la technique de l’incrustation ou à la pose du biais ;
  • Le prix reste très raisonnable et hautement abordable. Mais compte tenu de tous les désagréments suite à la mise en page de la planche à patron et de la fiche explicative qui ne sert pas à grand chose au regard de la vidéo tutoriel gratuite sur YouTube, je trouve que le client ne s’y retrouve pas forcément. Autant faire payer la vidéo et la retirer de YouTube, ce qui serait bien plus cohérent avec le prix total. Quitte à augmenter le prix du patron pour rémunérer le travail de la vidéo.

Pour vous procurer le patron : Mouna Sew

À très bientôt pour de nouvelles cousettes avec Mi Couturette

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